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Ce dimanche 6 septembre en soirée, nous vous annoncions que l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila, fatigué des chausse-trappes placés sur sa route par son successeur à la tête de l’Etat (notamment la mise sous séquestre des containers de la société Egal à Matadi et Boma, sans parler de l’arrestation du principal suspect dans l’assassinat de Floribert Chebeya) Félix Tshisekedi, avait décidé d’accélérer le processus de révision de la loi électorale pour atteindre un objectif souvent mis en avant depuis 2015 : l’élection indirecte du prochain président de la République par des « grands électeurs » qui seraient les élus du parlement congolais.


Des conciliabules ont eu lieu une bonne partie du week-end dans les bureaux kinois de l’ex-président. Les cadres du FCC ont été priés d’aller expliquer les avantages de cette nouvelle donne aux quatre coins du pays.

Alphonse Ngoyi Kasanji, ancien gouverneur du Kasaï-Oriental et haut cadre du FCC, après été très agité à la Gombe, ne s’est pas fait prier pour se rendre sur les antennes de radio Okapi. Ce mardi 8 septembre, on a ainsi pu l’entendre expliquer tous les avantages qu’impliquerait cette modification de cycle électoral congolais.

Moins de frais puisque l’on supprimerait une élection coûteuse, moins de tension et un scrutin qui ne pourrait pas être critiqué puisque le président serait élu par des… élus dont on ne peut remettre en doute l’élection.

L’explication (à écouter ci-dessous sur le site de nos confrères de Radio Okapi) de l’ex-gouverneur laisse sans voix.

La suppression de la présidentielle permettrait d’économiser beaucoup d’argent pour la reconstruction du pays ?

La présidentielle est le scrutin le moins onéreux. Il se déroule de manière identique sur tout le territoire (sauf à Beni, Butembo et Yumbi en 2018 !!!) et ne concerne qu’une poignée de candidats. Il ne faut pas perdre de vue que le coût du scrutin de 2018 a largement été grévé par l’achat des fameuses « machines à voter » tant réclamée par le président de la Ceni sortante, Monsieur Nangaa.

Pour les 105.149 machines à voter, la RDC a ainsi déboursé plus de 157 millions de dollars alors que le coût total pour l’organisation de ce scrutin a été chiffré à 432 millions de dollars par la Ceni.

Le président élu par des élus, ce sera un gage de tranparence.

Faut-il rappeler qu’aucun PV confirmant l’élection de ces élus n’a jamais été diffusé par la Ceni ? Faut-il rappeler le nombre de recours contre les résultats proclamés par la Ceni pour les législatives de 2018 ? La Cour constitutionnelle a eu à examiner près de 1.000 recours pour ce scrutin (un record). Les juges ont été complètement dépassés et les avocats des candidats malheureux, tous camps confondus, ont massivement dénoncé le manque de transparence de la Cour constitutionnelle mais aussi de la Céni, accusée d’avoir proclamé les résultats provisoires des élections législatives sans attendre la compilation manuelle des résultats et sans même les publier.

Comment espérez qu’un président de la République élu par ces députés puisse bénéficier d’une quelconque once de crédibilité.

L’argumentaire de l’ex-gouverneur du Kasaï oriental est rapidement balayé. Il a toutefois raison sur un point. Le président ainsi élu disposerait d’une évidente majorité au parlement… Un rêve pour l’actuel locataire de la présidence congolaise, une élément déterminant pour celui qui pourrait façonner à sa guise un futur scrutin, notamment en ayant le contrôle de la future Ceni…


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