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 Quelle revanche éclatante pour un enfant censé dépourvu d’intelligence et de tout talent sinon celui d’avoir passé ses années d’études à traîner dans les rues et les bars de Bruxelles? Personne, jusqu’alors, ne l’avait vu venir.

Pendant des années, depuis son enfance et tout au long de sa scolarité erratique perturbée gravement suite aux persécutions politiques de son illustre père, qui peut prendre la mesure des humiliations subies par Fatshi? Et depuis qu’il a accédé à la Présidence de la République dans les conditions controversées bien concoctées par son futur partenaire «Joseph Kabila», les railleries, les critiques et les insultes ne lui sont guère épargnées: corniaud, andouille, crétin, etc. Sur les réseaux sociaux congolais, la plupart de ses compatriotes ont le verbe féroce et la plume irrévérencieuse quand il s’agit d’aborder le cas Fatshi.

Il est vrai que l’intéressé est un excellent encaisseur et qu’il possède le physique de l’emploi: anatomie de lutteur des foires, calvitie précoce, nuque épaisse, visage bouffi, joues rebondies de grand amateur de chair, silhouette lourde et pataude, mais doté d’une voix caverneuse qui en impose. Néanmoins, ce qui aurait constitué un handicap insurmontable pour d’aucuns se révèlent des atouts pour lui. De même, les traits de caractère des Baluba  tenus pour repoussants et rédhibitoires par tous les autres Congolais deviennent des armes redoutables face aux Tutsis.  Il s’agit en réalité d’armes fatales, seules capables d’infliger des pertes irréparables dans le camp ennemi. Si mes conjectures sont exactes, le nommé «Joseph Kabila» et tous ses frères Tutsis avec lui devraient rapidement s’en apercevoir, tout en se mordant les doigts pour avoir éventuellement chosi de passer un  accord secret avec quelqu’un supposé faible, inintelligent, corvéable, taillable et malléable à merci. Erreur fatale.

Désormais, «Joseph Kabila» se retrouve non seulement en position de faiblesse, mais surtout en ligne de mire de Fatshi. Le chasseur est devenu gibier et vice-versa. Étrange et fort improbable retournement de situation. La peur a changé de camp. Depuis le 24 janvier 2019, date de son investiture,

Fatshi, à l’insu de tous, s’est appliqué patiemment à rogner les piliers sur lesquels reposait le pouvoir de «Joseph Kabila». Pour cela, il lui a fallu accepter de jouer le rôle d’un allié docile, fidèle et inoffensif. En d’autres termes, de se compromettre comme collabo.  Dans le même temps, de manière quasiment imperceptible et certainement inodore, il s’est mis à poser ses jalons tout en rongeant le socle du régime kabiliste, avalant au passage les couleuvres les plus immondes, courbant le dos sous l’avalanche des humiliations. Parmi celles-ci, le refus de Joseph Kabila d’accorder à Étienne Tshisekedi, ancien Premier Ministre, leader historique de l’Opposition congolaise et père de Fasthi, en temps et en heure, dans la terre de ses ancêtres le repos dû à tout défunt, celui-ci étant un grand personnage. La dépouille mortelle de son illustre père fut donc inhumée provisoirement, sans justification valable, en terre belge pendant près de deux ans. Un tel affront ne se pardonne ni ne s’oublie.

L’affront de trop que «Joseph Kabila» a fait subir au Chef de l’État Congolais, c’est d’avoir réussi l’exploit d’intimer l’ordre au Président du Sénat, à la Présidente de l’Assemblée Nationale, au Premier Ministre, aux Sénateurs et Députés ainsi qu’à toute la quarantaine (43 sauf un, Pius Muabili de l’Urbanisme) des Ministres de la République (sur les 66) issus de sa famille politique, le FCC, à ne pas participer à une cérémonie solennelle, le 21 octobre 2020, présidée au Palais du Peuple, par le Président de la République en personne, celle de la prestation de serment des Juges nommés par le Président Fatshi à la Cour Constitutionnelle! Comme des moutons, toutes ces personnalités ont obéi au jeune de 49 ans, un vrai kamikaze dans le camp des naïfs et sommeillants Congolais.

Ainsi, laissé penaud face à une solennité écorchée et amoindrie, le Président Fatshi piqua la colère de sa vie. Dès la soirée du même jour fatidique du 21, un communiqué de son Directeur de cabinet annonça la suspension des réunions du Conseil des Ministres ainsi qu’une adresse à la nation du Président de la République. Ainsi sonna le glas de la coalition FCC-CACH et du Gouvernement du vétéran Sylvestre Ilunga Ilukamba qui se hâta le lendemain à batifuler un décret antidaté de nomination des membres de son Service personnel pris en charge par l’État.

Mais qu’importe la bouteille, pourvu qu’on ait l’ivresse. C’est ainsi que, comme Delphin Murhabazi l’a si bien décliné, le Président Fatshi, dès le départ de sa fonction, tout en faisant mine de multiplier les gestes d’allégeance envers «Joseph Kabila», a entrepris une audacieuse réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, y compris le changement du Président de la Cour Constitutionnelle et de son homologue de la Cour de Cassation. S’étant rassuré qu’il lui était acquis, le Président du Conseil d’Etat, nommé récemment par «Joseph Kabila» une année avant de quitter le pouvoir, il fut laissé en son poste. Il intégrera même le Conseil secret du Roi Fatshi pour l’assister dans toutes les stratégies et la prise en main de l’ensemble des rouages du système judiciaire congolais. Dont acte. En effet, tous les trois chefs des corps de l’Institution constitutionnelle Cours et Tribunaux doivent désormais être tenus pour ses obligés, des personnes qui lui sont fidèles et sur lesquelles il pourra compter lors de l’épreuve de force qui approche avec «Joseph Kabila».

Déjà auparavant, il s’était attaqué à l’ANR, l’Agence Nationale de Renseignement en remplaçant Kalev Mutond par Justin Inzun Kakiak, un mumbunda. Les Fardc n’ont pas été épargnées. Toujours en douceur et sans donner l’air d’y toucher, Fatshi avait maintenu et reconduit au poste de Chef d’Etat-major général des Fardc le Général d’Armée Célestin  Mbala Munsense nommé par «Joseph Kabila» quelques mois avant son départ de la Présidence. Célestin Mbala fut nommé en remplacement du Général Didier Etumba Longila désigné à ce poste depuis une douzaine d’années, tous deux des fidèles parmi les fidèles de «Joseph Kabila».

Jusqu’alors, il était encore possible de nourrir quelques doutes sur les réelles intentions de Félix-Antoine Tshilombo. Mais depuis l’arrestation et l’incarcération de Vital Kamerhe, son Directeur de cabinet et son allié au sein de la plate-forme Cach, Cap pour le Changement, sans qu’il fasse mine d’empêcher un acte sans précédent dans les annales judiciaires et politiques du Congo, plus aucun doute n’est permis. L’illustre prisonnier qui croupit depuis plus de quatre mois à la centrale pénitentiaire de Makala servait non seulement de courroie de transmission entre Kigali et Kinshasa, entre son mentor James Kabarebe et les plus hautes sphères publiques congolaises, mais surtout d’yeux et d’oreilles pour Joseph Kabila à la Présidence de la République, surveillant ainsi tous les faits et gestes, jusqu’aux intentions cachées de Fatshi. Dorénavant, ce n’est plus possible.

Les stratèges de la Kabilie ont commis une erreur fatale en pactisant  avec un Fatshi affublé de toutes les tares et de toutes les faiblesses, réelles ou imaginaires. Mais, ils ont oublié un élément capital: Félix-Antoine Tshisekedi est un Muluba. Les défauts que les Congolais attribuent volontiers aux membres de son ethnie peuvent devenir des atouts décisifs pour libérer le Congo et les Bantous Congolais du malicieux et effroyable pouvoir de domination des Tutsis incarnés par une famille mafieuse sous les traits de James Kabarebe, de Jaynet Hydelgonde, de «Joseph Kabila» et de Zoé Kabila.

Si Fatshi parvient à signer cet exploit, là où tout le monde au Congo a échoué, y compris l’armée, les opposants, les résistants, les évêques et la diaspora congolaise alors, on lui pardonnera tout: sa collaboration un pouvoir d’occupation, ses nominations excessivement tribalo-ethniques, ses promesses non tenues, ses parjures, ses trop nombreux voyages à l’étranger, ses indélicatesses dans la gestion des deniers publics et jusqu’à ses étranges choix vestimentaires! Pour le reste, Fatshi a intérêt à agir vite en neutralisant rapidement «Joseph Kabila». La patience des Américains, à qui il avait promis le déboulonnage du système kabiliste il y a plus d’un an, est déjà épuisée. Washington n’a plus du tout envie d’attendre plus longtemps l’expédition à la CPI, la Cour pénale internationale, des 28 dirigeants Congolais dont les noms figurent sur la liste noire du Président Donald Trump.

De même, les Américains, excédés, impatients, n’attendront pas plus longtemps la dénonciation des contrats miniers léonins passés sous le régime de «Joseph Kabila» avec la Chine de Pékin. Certes, le procès de Vital Kamerhe qui a débuté le 11 mai a envoyé en direction de la Maison Blanche un premier signal, plutôt convaincant sur la volonté de Fatshi de déclencher la lutte contre la corruption. Mais c’est nettement insuffisant. Il en faut plus et plus vite pour que les Américains acceptent de traiter avec un Président Congolais au passé sulfureux.

Au milieu de ce décor éclaté et chaotique, alors que de sombres nuages annoncent un violent orage tropical politique au-dessus de Kinshasa, tout en lançant sa Consultation politique et surtout en ce moment, Fatshi devra garder un œil ouvert en direction de Kalemie, en province de Tanganyika. C’est là, depuis des années où se terre le plus grand péril pour l’intégrité territoriale du Congo et qui a pris les traits du visage du Tutsi James Kabarebe, le mentor des Kabila et ancien Ministre de la Défense de l’armée rwandaise. Ce n’est certainement pas pour rien que «Joseph Kabila» y a nommé son demi-frère Zoé (fils de sa mère rwandaise Marceline avec Laurent-Désiré Kabila) comme Gouverneur de province.

Ce n’est pas pour rien, non plus, que ces derniers temps, le même Zoé multiplie sur place les exercices militaires et les démonstrations de force ainsi que des réunions de sécurité avec ses homologues Gouverneur des provinces voisines de l’Est: Haut-Katanga, Lualaba, Sud–Kivu, Nord-Kivu et Ituri! Le Haut-Lomami, le Maniema et la Tshopo, moins à l’Est et proche du Centre du pays, ne sont pas concernés par les réunions du Gouverneur Zoé Kabila, réunions stratégiques téléguidées par «Joseph Kabila» depuis son QG opérationnel de Kingakati, à 60 km à l’est de Kinshasa. Ce qui intéresse Paul Kagame et les Tutsis rwandais, ce sont les provinces orientales de la RDC, riches en minerais stratégiques. Kalemie est en train d’être transformé en bunker pour la bataille finale entre Fatshi et «Joseph Kabila». Car des joutes et manoeuvres politiques, l’infitré Tutsi à la tête de la RDC, ramenera le dénouement de son alliance avec Félix Tshisekedi dans le champ où il est plus à l’aise: le bain de sang militaire. Car, tel un vampire des ténèbres, «Joseph Kabila» il se nourrit et se gave du sang des Congolais. Mais, il en faudrait sans doute plus pour impressionner Fatshi. En attendant, jamais, dans l’histoire tourmentée et chahutée du Congo, un Président de la République a dû affronter un défi de l’ampleur de celui qui attend Fatshi au cours des semaines et des mois à venir. Il n’est plus maître de son temps. Il le sait. Le camp de ses ennemis aussi. La Consultation politique annoncée dans son bref et martial discours du vendredi 23 octobre dernier assenera, sans aucun doute, l’estocade finale et fatale, à la tête de pont des malicieux envahisseurs Tutsis rwandais qui ont réussi l’exploit planétaire unique d’infiltrer un de leurs jusqu’au sommet du pouvoir d’État en République Démocratique du Congo.

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