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«Fatshi pose mal le problème de la crise qu’il réduit aux divergences FCC-CACH, sur l’accord qui les lie», juge le leader de Nouvel Elan, au cours d’un Dialogue vertical samedi à Tshangu.  
«En toute chose il faut considérer la fin», disait le célèbre écrivain classique français, Jean de la Fontaine, dans sa fable intitulée le «le Renard et le Bouc». 


Les consultations des acteurs politiques et sociaux, entamées par Félix Tshisekedi depuis le lundi 2 novembre, se clôturent cette semaine. Vu des observateurs, la seconde quinzaine du mois en cours en RD Congo est celle de toutes les attentes. Peut-être aussi, celle de toutes les illusions et de toutes hallucinations.


A quoi les Congolais d’ici et d’ailleurs, peuvent-ils s’attendre à l'issue de ces contacts directs entre le Président Félix Tshisekedi et ses différents invités au Palais de la nation? La question est désormais sur toutes les lèvres à Kinshasa. D’ores et déjà, les partisans du Chef de l’Etat, tout effervescents, disputent le terrain au pessimisme d’autres leaders politiques du pays qui ne voient pas Fatshi franchir le Rubicon. 


Cependant, malgré les espoirs très nourris de nombreux acteurs qui passent la brosse à reluire et qui ont été reçus dans le cadre de ces consultations, Adolphe Muzito y va de ses projections. Au cours d’une rencontre intitulée «Dialogue vertical», organisée le samedi 14 novembre avec la population de Tshangu, le leader de Nouvel’ Elan a présenté cinq scénarii, auxquels pourrait aboutir Félix Tshisekedi, à l’issue de ses consultations.  


La première hypothèse selon Adolphe Muzito est qu’en cas d’échec de Fatshi dans le recrutement de nouveaux députés en vue d’une nouvelle majorité parlementaire, ce dernier se verrait obligé de recontacter son prédécesseur, Joseph Kabila, pour continuer leur alliance. Face à cette éventualité, le commandant en chef de Nouvel’ Elan déduit qu’il n’y aura pas d’issue ni pour Félix Tshisekedi lui-même ni pour le pays.


«LA CRISE NE TROUVERA PAS UN DEBUT DE SOLUTION»
Le second scénario est que le Président Félix Tshisekedi réussisse à recruter quelques députés. C’est-à-dire qu’il parvient à augmenter son poids à l’Assemblée nationale et par conséquent, son quota au sein de la coalition FCC-CACH, mais n’arrive pas à avoir une majorité parlementaire, ni à contrôler les ministères de la Défense, de la Justice, des Mines et des Finances, «il ne pourra pas matérialiser son programme économique et social ; Dans ces conditions, la crise dans le pays ne trouvera pas un début de solution», déduit Adolphe Muzito.


Qu’adviendrait-il alors, au cas où Félix Tshisekedi parviendrait à gagner son pari de requalifier la majorité parlementaire, en obtenant l’adhésion de quelques députés FCC et Lamuka à son projet d’Union sacrée, avec l’idée que Joseph Kabila se laisserait faire ou serait prêt à renoncer a leur alliance. Or, argumente le leader de Nouvel Elan, l’autorité morale du FCC tient tellement à Fatshi et à l’accord de coalition pour gouverner ensemble, alorsq u’il n’avait pas besoin de ce dernier pour former la majorité parlementaire.

 
D’autre part, ajoute le président de Nouvel’ Elan, la requalification de la majorité parlementaire devrait passer nécessairement par une démission du Premier ministre, à moins que le Président Félix Tshisekedi ne puisse décider d’opérer un coup de force ou de faire tomber le Gouvernement à la suite d’une motion de censure par la nouvelle majorité parlementaire de fait qu’il aurait constituée. Pour Adolphe Muzito, la démission du Premier ministre est le seul acte qui peut donner à Félix Tshisekedi, l’opportunité de désigner un informateur qui pourrait identifier la supposée nouvelle majorité à la Chambre basse.


Dans cette troisième hypothèse ou scénario, l’auteur du Dialogue vertical infère que cette option ne va non plus résoudre la crise politique. Car, selon lui, les débauchés resteraient toujours manipulables et capables à tout moment de revenir sur leur décision. Et aussi, ajoute Adolphe Muzito, le Président Félix Tshisekedi aura du mal à rivaliser avec Joseph Kabila sur le terrain du débauchage des députés en termes d’expérience en la matière et de la disposition des moyens financiers. 


ET SI FATSHI LEVAIT L’OPTION DE LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE NATIONALE ?
A défaut de la dissolution de la coalition FCC-CACH, les partisans du Chef de l’Etat attendent la liquidation de la Chambre basse du Parlement. Dire que récemment, Fatshi lui-même avait déclaré que cette issue pourrait constituer l’ultime voie de recours pour sortir le pays de la crise actuelle. 


Cependant, Adolphe Muzito estime que si le Chef de l’Etat arrivait finalement à lever cette option par un coup de force, parce que du point de vue constitutionnel, une ordonnance de dissolution de l’Assemblée nationale est soumise à un contreseing du Premier ministre qui est du FCC, cette option présenterait quatre inconvénients. La premier, c’st que les élections anticipées concerneront les législatives et non la présidentielle. Pourtant, l’institution Président de la république est aussi concernée par la crise de légitimité.  


La deuxième conséquence selon Adolphe Muzito, est celle liée à l’impossibilité voire la difficulté matérielle d’organiser les élections législatives dans les délais constitutionnels. C’est-à-dire, conformément aux prescrits de l’article 148 de la Constitution qui stipule qu’ »à la suite d’une dissolution de l’Assemblée nationale, la Commission électorale nationale indépendante convoque les électeurs en vue de l’élection, dans le délai de soixante jours suivant la date de publication de l’ordonnance de dissolution, d’une nouvelle Assemblée nationale.»


Par ailleurs, faute d’organiser les élections dans les soixante jours, Adolphe Muzito estime que le pays entrera dans une période d’exception où le Président de la république pourrait s’approprier les prérogatives ou compétences du Parlement. Ce, avec risque d’une dérive totalitaire ou dictatoriale. 


Enfin, le dernier inconvénient est qu’au cas où les législatives seraient organisées dans les soixante jours, il n’y aurait aucune garantie que Félix Tshisekedi gagnerait par les urnes, une majorité parlementaire pour rentrer dans une situation normale d’un Président de la république, disposant d’une majorité parlementaire et de ses fonctions régaliennes.


LE CONSENSUS DE TOUTES LES PARTIES A LA CRISE
Le cinquième et dernier scénario du leader de Nouvel Elan est que toutes les parties prenantes à l’actuelle crise en RD Congo, dégageraient un consensus autour des réformes structurelles comme préalables aux élections générales anticipées. C’est donc ici que l’orateur a rappelé à son auditoire, le plan de sortie de crise, maintes fois préconisé par Martin Fayulu. 


Selon lui, cette option a le mérite de mettre fin à la crise de légitimité et à l’alliance qu’il qualifie de contre-nature qui, selon lui, a mis à la tête du pays un monstre institutionnel. A savoir un Président de la république sans majorité parlementaire ni maitrise des fonctions régaliennes. 


Quid alors de la non participation du leader de Nouvel’ Elan aux consultations du Palais de la nation ? En d’autres termes, pourquoi Adolphe Muzito n’a-t-il pas pris part au dialogue initié par Félix Tshisekedi, en vue de refonder l’action gouvernementale au sein d’une Union sacrée ? A cette question qu’il a lui-même posée, sachant que la base la lui poserait, Muzito dit n’y avoir pas été formellement invité. Quand bien même il y aurait été convié, Adolphe Muzito déclare qu’il ne se serait pas rendu.  


En plus de l’absence de l’invitation, le leader de Nouvel’ Elan ajoute que du fait de sa posture de Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi ne peut qu’écouter et décider. «Or, il est partie prenante comme les autres (dans le cas d’espèce, Lamuka) avec qui il est sensé traiter sur le même pied, mais par le biais de sa coalition CACH et cela, autour d’un médiateur neutre».


Tout bien considéré, Adolphe Muzito conclut que Félix Tshisekedi pose mal le problème de la crise qu’il réduit à la divergence de vue entre le CACH et son partenaire FCC, sur l’accord qui les lie. «Ainsi, il débouche sur une fausse thérapie qui vise à créer une nouvelle alliance ou une nouvelle majorité appelée «Union sacrée», en remplacement de la première, qui lui permettrait de mieux gouverner. 


Pour Nouvel Elan, la crise actuelle n’est que la conséquence d’une impasse plus profonde qui oppose les deux plateformes de la coalition au peuple. A savoir l’illégitimité et l’illégalité de l’ordre institutionnel mis en place, avec comme conséquence, un Chef de l’Etat sans majorité parlementaire, sans fonctions régaliennes et donc, incapable d’assumer son mandat, de réaliser son programme et de donner des résultats socio-économiques au peuple. Grevisse KABREL

communiqué de presse

Il s'est tenu le samedi, 14 Novembre 2020, un dialogue vertical entre le leader de Nouvel Elan, A. MUZITO et la population de TSHANGU. Le leader de Nouvel Elan, A. MUZITO a soumis aux échanges quelques pistes de réflexion sur la crise congolaise en général et les consultations organisées par Mr F. TSHISEKEDI.

Mr A. MUZITO a subdivisé le thème en discussions en deux points :
I. Pourquoi Nouvel Elan et son leader, A. MUZITO n'ont pas participé aux consultations de Mr F. TSHISEKEDI ?
II. Quels sont les résultats possibles que Mr F. TSHISEKEDI, l'UDPS et/ou le peuple peuvent-ils attendre des consultations de Mr F. TSHISEKEDI ?
I. Pourquoi Nouvel Elan et son leader, A. MUZITO n'ont pas participé aux consultations de Mr F. TSHISEKEDI ?
Le leader de Nouvel Elan, A. MUZITO a donné comme raisons:
Ø L'absence de l'invitation aux consultations de Mr F. TSHISEKEDI., qui du reste même si elle avait été envoyée, il ne serait toujours pas parti, pour d'autres raisons ci-dessous.
Ø Du fait de sa posture de Chef de l'Etat, Mr F. TSHISEKEDI ne peut qu'écouter et décider. Or, il est partie prenante comme les autres (Dans le cas d'espèce, LAMUKA) avec qui il est censé traiter sur le même pied d'égalité mais par le bias de sa coalition CACH et cela, autour d'un médiateur neutre.

Mr F. TSHISEKEDI pose mal le problème de la crise qu'il réduit à la divergence de vues entre lui (CACH) et son partenaire J. KABILA (FCC), sur l'accord qui les lie. Ainsi, il débouche sur une fausse thérapie qui vise à créer une nouvelle alliance ou une nouvelle majorité appelée " Union sacrée " en remplacement à la première, qui lui permettrait de mieux gouverner.


Alors que pour Nouvel Elan/Lamuka, cette crise n'est que la conséquence d'une crise plus profonde qui les oppose au peuple, qui est celle de l'illégitimité et de l'illégalité de l'ordre institutionnel qu'ils ont mis en place, à savoir un président de la République, sans majorité parlementaire et sans fonctions régaliennes dont la défense et la justice, donc incapables d'assumer son mandat, de réaliser son programme et de donner des résultats socio-économiques au peuple.


II. Quels sont les résultats possibles que Mr F. TSHISEKEDI, l'UDPS et/ou le peuple peuvent attendre des consultations de Mr F. TSHISEKEDI?
Ici, le leader de Nouvel Elan en discussions avec sa base militante de TSHANGU a envisagé cinq scénarii possibles qui pourraient déboucher comme résultats des consultations de Mr F. TSHSEKEDI.


1. 1er Scénario
Ici, Mr F. TSHISEKEDI échoue dans le recrutement de nouveaux députés en vue de former une nouvelle majorité parlementaire et donc de conclure un nouvel accord parce qu'il n'aura pas réussi à mobiliser suffisamment des députés en faveur de son Union sacrée. Il se verrait dans l'obligation de rentrer auprès de KABILA pour continuer leur accord, sans perspectives d'une quelconque réforme institutionnelle. Ce scénario affaiblira davantage Mr F. TSHISEKEDI et réduira davantage sa capacité de réaliser sa vision.
Il n'y aura d'issue ni pour lui-même, ni pour le pays.


2. 2ème Scénario

Mr F. TSHISEKEDI réussit à recruter quelques députés, à augmenter son poids au sein de l'Assemblée nationale ainsi que son quota au sein de la coalition FCC-CACH mais n'arrive ni à avoir une majorité parlementaire ni à avoir le contrôle de ses fonctions régaliennes, dont la Défense et la Justice ainsi que la gestion des Finances et des Mines.


Dans ce cas de figure encore une fois, Mr F. TSHISEKEDI ne pourra pas matérialiser son programme économique et social.
La crise dans le pays ne trouvera pas un début de solution.


3. 3ème Scénario

Mr F. TSHISEKEDI réussit à requalifier la majorité parlementaire, en obtenant l'adhésion à son union sacrée, de quelques députés du FCC et/ou de LAMUKA, en considérant que Mr Kabila se laisserait faire ou serait prêt à renoncer à leur alliance. Or, Kabila tient tellement à Mr TSHISEKEDI et à l'accord de coalition pour gouverner ensemble alors qu'il n'avait pas besoin de ce dernier pour former la majorité parlementaire. Sa stratégie consisterait à faire porter à Mr F. TSHISEKEDI, la responsabilité du bilan négatif de la législature lors de la prochaine présidentielle.


D'autre part, la requalification de la majorité parlementaire devrait passer nécessairement par une démission du Premier Ministre, qui est du FCC, à moins que Mr TSHISEKEDI ne puisse décider d'opérer un coup de force ou de faire tomber le gouvernement à la suite du vote de la motion de censure par la nouvelle majorité parlementaire de fait qu'il aurait constituée. La démission du Premier Ministre est le seul acte qui peut donner l'opportunité à Mr F. TSHISEKEDI de désigner un informateur, qui pourrait identifier la supposée nouvelle majorité.


Cette option ne va pas non plus résoudre la crise puisque les débauchés resteraient toujours manipulables et capables à tout moment, de revenir sur leur décision.


Aussi Mr F. TSHISEKEDI aura du mal à rivaliser avec KABILA sur le terrain du débauchage des députés en termes d'expérience en la matière et de la disposition des moyens financiers.


4. 4ème Scénario

Mr F. TSHISEKEDI lève l'option de dissoudre l'Assemblée Nationale par un coup de force, puisque du point de vue constitutionnel, une ordonnance de dissolution de l'Assemblée Nationale est soumise à un contreseing du Premier Ministre qui est du FCC.

Cette option présente les inconvénients suivants :
• Les élections anticipées ne concerneront que les législatives et non la présidentielle, pourtant l'institution Président de la République est aussi concernée par la crise de légitimité.

• La difficulté voire impossibilité d'organiser les élections législatives dans les soixante jours, d'où une situation d'inconstitutionnalité.

• A défaut d'organiser les élections dans les soixante jours, nous entrerons dans une période d'exception où le Président pourrait s'approprier les compétences du Parlement avec risque d'une dérive dictatoriale.

• Au cas où les législatives étaient organisées dans les soixante jours, il n'y a pas de garanties que Mr F. TSHISEKEDI gagnerait par les urnes, une majorité parlementaire, pour rentrer dans une situation normale, d'un Président de la République, disposant d'une majorité parlementaire et de ses fonctions régaliennes.


5. 5ème Scénario

Dans ce scénario, toutes les parties prenantes à la crise congolaise dégageraient un consensus autour des réformes structurelles comme préalables aux élections générales anticipées (Voir Plan de sortie de crise du Président élu Martin FAYULU).

Cette option a l'avantage de mettre fin à l'illégitimité et à une alliance contre-nature qui a mis à la tête du pays, un monstre institutionnel, à savoir un Président de la République sans majorité parlementaire et sans maitrise des fonctions régaliennes.

Les échanges entre la population et le leader de Nouvel Elan/LAMUKA ont duré deux heures.
Commencé à 13h00, le Dialogue vertical du 14 Novembre 2020 s'est terminé à 15h00. Fait à Kinshasa, le 15 Novembre 2020.

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