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Vive la campagne électorale ! A Kinshasa la capitale du pays, tout comme dans les 26 provinces, l’heure est à la séduction de l’électorat. Autant les trois candidats les plus en vue à la présidentielle doivent sillonner le pays entier, autant les candidats à la députation nationale devront affronter leurs électeurs potentiels dans les 145 territoires de la RD Congo. Tous, n’ont plus que neuf jours pour convaincre.

A priori, la tâche n’est pas facile pour les différents prétendants des deux camps. Pendant que ceux de la coalition au pouvoir battent une campagne sur fond de l’actif et du passif, certains de l’opposition s’efforcent à trouver des mots pour convaincre. D’autres encore, à bras raccourci, tombent trop bas dans le piège des invectives à peine voilées. Hélas !
Ainsi qu’on le sait, les députés nationaux sont les élus directs du peuple. Tous les 145 ont un ou plusieurs élus à l’Hémicycle. Etant donné que les Congolais n’en sont pas à leurs premières élections législatives, la campagne actuelle serait très aisée pour ceux des candidats ayant déjà été élus en 2006 et réélus en 2011. Car, ils n’auraient qu’à brandir les réalisations du Pouvoir dans leurs territoires respectifs. Comme qui dirait, des œuvres, plus que de longs discours, parleraient mieux à leurs places.

RESPONSABILISER LES CANDIDATS EN AMONT
Quatre fois la France, quatre-vingts fois le royaume de Belgique, la RD Congo mérite à juste titre, son appellation de pays continent. De par l’immensité du territoire du pays, les animateurs du pouvoir central, en commençant par le Chef de l’Etat, ne sauraient prétendre connaître dans tous ses coins et ses recoins le Congo profond.
C’est ici que se justifie, entre autres, la vocation d’un député national. Celui-ci dont la mission est de voter les lois et de contrôler l’Exécutif national, a l’avantage, s’il est élu dans un territoire, de connaître par coeur les priorités socio-économiques de sa circonscription. C’est donc ces problèmes qui touchent directement à la vie des populations, que le député national porte à la connaissance du Gouvernement. Mais, face à l’immensité de défis et à l’incapacité du Pouvoir central à répondre en même temps et partout aux attentes des Congolais du pays profond, il importe d’explorer des pistes pratiques susceptibles de permettre à chaque territoire de bénéficier au moins d’un ouvrage à impact visible.
La recette semble avoir été trouvée par un député national. En son temps, cet élu national avait fait une proposition selon laquelle l’Exécutif national ferait œuvre utile, en confiant à chaque élu national, la mission d’identifier en amont, la priorité des priorités de leurs territoires respectifs.
Dans un pays comme la RD Congo où tout est priorité, aucun régime ne saurait donc tout résoudre en un quinquennat. D’où, la nécessité de hiérarchiser les besoins au niveau de la base. Cela procède de l’échelle des priorités. C’est peut-être un pont à jeter, un centre de santé à construire, une école….
A plus d’un égard, la proposition sus-évoquée de ce député vaut son pesant d’or. La principale raison est que le député serait le superviseur de l’exécution de la priorité déjà identifiée. C’est en partie cela aussi, l’importance des vacances parlementaires. Cette période est celle où les élus du peuple sont supposés renouer le contact avec leurs bases respectives, en vue de recueillir leurs désidératas.
Si cette suggestion avait été prise en compte, la conséquence aurait été que chaque territoire du pays soit doté d’un symbole du Pouvoir. Ainsi par exemple, pendant la campagne électorale, les différents candidats se sentiraient très à l’aise. D’abord pour soi-même. Ensuite, pour faire élire le ticket du camp du pouvoir à la présidentielle. Pour le cas de figure, le Front commun pour le Congo (FCC). Car, chaque territoire compterait au moins une réalisation à impact visible.

SONNER LE GLAS DES INVESTISSEMENTS COSMETIQUES
Est-il possible pour un Gouvernement en RD Congo, de réaliser des projets à impact visible dans chaque territoire du pays en cinq ans ? La problématique pourrait, sans doute, être formulée en ces termes-là. Bien évidemment que les pessimistes évoqueraient la sempiternelle question des moyens financiers qui feraient défaut à l’Exécutif.
Toutefois, nombreux sont des Congolais qui sont d’avis que, pour construire une école, un hôpital de proximité dans un territoire, le Gouvernement a besoin de mobiliser des millions de dollars américains. Ces mêmes Congolais qui connaissent les vrais problèmes qu’affrontent au quotidien leurs compatriotes de provinces, savent qu’avec quelques dizaines ou centaines de milliers de dollars Us, l’Exécutif peut résoudre un vrai problème dans un territoire.
Combien coûterait, par exemple, la construction d’une école en matériaux semi durables ? C’est-à-dire avec des briques adobes et des toits en tôles ? Combien coûterait aussi la construction d’une bibliothèque et son équipement dans un établissement scolaire d’un territoire ? Que dépenserait le Gouvernement en réhabilitant une route en terre battue d’intérêt commun ? Quelle serait l’enveloppe mensuelle à débloquer en termes de salaire au cantonniers planteurs qu’un Gouvernement commettrait à l’entretien des routes ? En tout cas, pas de millions !
Comme on peut bien le constater, le problème ne se pose pas en termes d’argent. Plutôt, de hiérarchisation des priorités. Non seulement dans les provinces. Mais aussi dans certaines grandes villes du pays. Y compris Kinshasa.
Tout le problème, c’est qu’on dilapide souvent beaucoup de ressources financières pour des investissements cosmétiques. Des projets tape-à-l’œil, n’ayant aucun impact direct sur la vie de la population. Il y en a eu plusieurs, sous le régime de feu le maréchal Mobutu. C’est-à-dire des projets qui ont englouti plusieurs millions de dollars sans véritablement impacter sur l’ordinaire des Congolais : les fameux éléphants blancs.
Aujourd’hui encore, on tend à tomber dans les mêmes travers. A Kinshasa par exemple, en quoi impacte directement l’Immeuble intelligent, Place Le Royal, sur le social des populations ? Que peut donc valoir un Immeuble du Gouvernement, aux yeux des Kinois de la périphérie buvant encore de l’eau de puits ? Les millions de dollars "investis" dans la construction de cette bâtisse auraient-ils été insuffisants pour financer plus d’un projet à impact réel dans les provinces ? Bien au contraire.
Anecdote. En décembre 1990, le défunt Félix Houphouët Boigny, alors Président de la Côte-d’Ivoire, invitait une délégation française, sous la conduite de Laurent Fabius, à visiter l’étonnante basilique de Yamoussoukro, située en pleine brousse, près de son village. L’ancien Premier ministre français sous François Mitterrand avait déclaré, à l’occasion : " Quand je vois que dans ce pays la priorité est la construction d’une basilique, alors qu’il n’existe pas d’infrastructures de base, il se pose un problème". C’est tout dire. Et même tout comprendre !
Pour revenir dans le contexte congolais, d’aucuns estiment qu’il existe beaucoup de projets à réaliser, en lieu et place de certaines réalisations qualifiées d’éléphants blancs. Dès lors que les Cinq chantiers ne sont jamais passés par certains territoires, pas facile pour nombre de candidats d’être à l’aise en cette période de campagne électorale. Grevisse KABREL
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