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Le premier gouvernement du président Félix Tshisekedi se fait toujours attendre. Plus de deux mois après sa prise des fonctions, le chef de l’Etat n’a pas encore nommé son Premier ministre, prolongeant de facto le bail du gouvernement de Joseph Kabila. En l’absence d’un gouvernement doté de plein pouvoir, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, se comporte plutôt en « vice-président », interférant dans les affaires de l’Etat. Une entorse que le chef de l’Etat devrait vite corriger en formant le plus rapidement son premier gouvernement.

Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a entamé depuis le mardi 3 avril 2019 une visite de travail aux Etats-Unis. Séjour qu’il devrait mettre à profit pour inaugurer une nouvelle forme de coopération avec les Etats-Unis. En effet, depuis son accession à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi a multiplié des sorties hors des frontières de la RDC pour nouer de fructueux contacts avec ses pairs de la région. Par ce fait, le chef de l’Etat cherche à imposer sa marque pour tourner définitivement la page de 18 ans de Joseph Kabila.

Il y a cependant un os, à savoir, l’absence d’un gouvernement jouissant de plein pouvoir pour agir dans la marche de l’Etat.

Pour le moment, il continue à se contenter du dernier gouvernement que lui a légué son prédécesseur, Joseph Kabila. Sans oublier que le gouvernement Tshibala a été amputé du tiers de ses membres qui ont opté pour l’Assemblée nationale. Dans les conditions actuelles de la RDC, la nécessité d’un nouveau gouvernement commence à se faire sentir de plus en plus.

Mais, pour y arriver, le chef de l’Etat devra passer par une harmonisation de vues avec le FCC (Front commun pour le Congo), plateforme politique de Joseph Kabila qui jouit, jusqu’à preuve du contraire, d’une large majorité à l’Assemblée nationale.



Versions croisées

Dans l’opinion publique, une question brûle toutes les lèvres : comment est-ce que l’Etat est géré ? En réalité, tous les pouvoirs de gestion de l’Etat sont concentrés à la présidence de la République où le chef de l’Etat s’appuie sur une équipe de directeurs et conseillers chapeautée par son tout puissant directeur de cabinet, Vital Kamerhe. Ce dernier est son colistier dans la coalition qui l’a porté au pouvoir, c’est-à-dire le Cach (Cap pour le changement).

Ainsi, en l’absence d’un gouvernement issu des élections du 30 décembre 2018, c’est le directeur de cabinet du chef de l’Etat qui supplée, d’une certaine manière, aux fonctions de Premier ministre.



Qui pis est, dans ses agissements, Vital Kamerhe se comporte presqu’en « vice-président ». On l’a vu inaugurer des édifices publics, suspendre les engagements et dépenses au niveau du gouvernement, des entreprises et services de l’Etat, instruire le Premier ministre encore en fonction de suspendre un ministre et des mandataires publics. Bref, c’est Kamerhe qui se substitue au chef de l’Etat. A vrai dire, c’est le « vice-président ».

Autoproclamé de Félix Tshisekedi, quoique la fonction ne soit reprise dans la nomenclature institutionnelle de la RDC.

Dans certains milieux politiques, l’omniprésence de Vital Kamerhe aux côtés du chef de l’Etat commence à gêner. Un haut cadre du FCC s’est interrogé en ces termes : « Quelles sont les vraies fonctions de Vital Kamerhe. Est-ce un directeur de cabinet, un Premier ministre ou un vice-président de la RDC ? Au sein du FCC, la question alimente sérieusement le débat ». Un autre cadre du FCC, qui a préféré garder l’anonymat, a abondé dans le même sens : « Le sujet fait déjà mouche, parce qu’en réalité, le directeur de cabinet du chef de l’Etat est un agent administratif au service du chef de l’Etat. Il gère son cabinet sans jamais interférer dans les affaires de l’Etat. Or, Vital Kamerhe fait un peu de tout, le contrôle, l’interpellation, la suspension. Il est omniprésent et il semble que c’est lui qui gère l’Etat en l’absence du chef de l’Etat. Comme c’est le cas pour le moment, alors que le président Tshisekedi se trouve en déplacement aux Etats-Unis, Vital Kamerhe est aux manettes, agissant comme un vrai vice-président. »

Au sein du Cach, on minimise cette situation. Un membre haut placé de la coalition présidentielle a tenté d’apaiser les tensions. « Vital Kamerhe reste et demeure le directeur de cabinet du chef de l’Etat.



Au-delà de ces fonctions, il n’en a pas d’autres. Faire croire que Kamerhe outrepasse ses attributions, c’est mal connaitre le fonctionnement actuel de l’Etat où le chef de l’Etat ne dispose pas encore d’un gouvernement. Il est obligé de travailler avec celui qui a succédé à Joseph Kabila, lequel doit chercher aussi à imprimer sa marque. Quoi de plus normal qu’il s’appuie sur son directeur de cabinet qui l’aide à combler ce vide. Mais, dire que Kamerhe se comporte en vice-président, c’est ternir la vérité ».

Quoi qu’il en soit, aux termes de l’Ordonnance présidentielle n°18/093 du 14 juillet 2018 modifiant et complétant l’Ordonnance n°09/003 du 30 janvier 2009 portant organisation et fonctionnement du cabinet du président de la République, le directeur de cabinet du chef de l’Etat « assure la direction, l’organisation, la coordination et la surveillance de l’ensemble du cabinet ; ordonne les dépenses du cabinet et surveille la comptabilité ; assure la liaison entre le cabinet et toutes les institutions de la République ; édicte le règlement intérieur du cabinet et exerce le pouvoir disciplinaire sur tous ses membres ; statue par voie de décision ».

Vital Kamerhe passerait-il outre ses attributions au point d’irriter ses partenaires de la coalition FCC-Cach ? En tout cas, la question fait débat. Certains vont plus loin en affirmant déjà que le directeur de cabinet du chef de l’Etat se serait déjà mis dans la peau d’un « vice président ».

Former le plus rapidement un gouvernement permettrait sans doute de dissiper tout malentendu.


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