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La Palice conviendrait avec nous que le président Tshisekedi n’est pas Jésus pour relever en trois jours le temple congolais que les anciens dirigeants kabilistes ont mis dix-huit ans à démolir. Toutefois, la tâche minutieuse de séparer le bon grain de l’ivraie relève principalement de la perspicacité du chef qui devrait s’entourer de vrais collaborateurs acquis à sa vision de la société, ce qui paraît moins évident à la lumière des faits et gestes observés à ce jour.

Éduquer nos dirigeants politiques



Apprendre à apprendre est un cheminement évolutif de la personne qui reconnaît ses limites et s’investit à explorer de nouveaux horizons, en d’autres termes l’éducation permanente. Des sessions de formation bien ciblées sur des thèmes tels que le respect mutuel, la tolérance, la solidarité, le compromis, l’égalité, l’équité, peuvent aider nos élus du peuple à être plus productifs lors des débats sur les lois et durant les vacances parlementaires en s’imprégnant des besoins du peuple et en étant au fait de la portée des lois qu’ils élaborent, allant même des fois à l’encontre de la ligne partisane dans l’intérêt du peuple. Respecter la vie et l’avis d’autrui est une exigence de tous les temps en démocratie. La classe dirigeante doit montrer le bon exemple des valeurs démocratiques d’égalité, de liberté et de justice. Les pratiques de corruption qui ont entaché les dernières élections à tous les niveaux démontrent que la pente sera bien difficile à remonter.

La condamnation des meurtriers de l’administrateur gestionnaire du centre hospitalier Vijana à Lingwala et l’emprisonnement d’un collaborateur du président Tshisekedi dans l’affaire de la MIBA prouvent que seule une réelle volonté politique peut venir à bout des comportements irrespectueux de la vie des individus et des biens publics en sanctionnant les comportements déviants chaque fois qu’il le faudra, car les squelettes dans le placard ont la peau ou plutôt les os durs.

La divine comédie



Après presqu’un an au pouvoir, le temps n’est sûrement pas indiqué pour se reposer sur ses lauriers et se bomber le torse. Des initiatives sont prises et des actions sont menées ici et là pour démontrer la bonne foi de nouvelles autorités. Toutefois, malgré ces efforts, la descente aux enfers du peuple congolais se poursuit. Les jours se suivent et, malheureusement, se ressemblent avec leur lot de crises et d’incongruités. L’heure n’est plus aux promesses. Les leaders du pays se doivent de livrer la marchandise: rétablir la sécurité sur tout le territoire national, remettre l’économie sur les rails et offrir des services sociaux de qualité à la population.

Un éminent généticien congolais au Canada m’expliquait qu’en chimie physique, selon la loi de l’entropie, toute structure organisée tend normalement à la désintégration. Sa préservation requiert une dépense d’énergie, ce qui correspond, en ce qui concerne les sociétés humaines, à l’effort requis pour contrer cette propension à la désintégration. En politique chez nous, cet effort émanera essentiellement des institutions fortes et d’un pouvoir éclairé sans failles. Compte tenu de la faiblesse patente de nos institutions, la voie de sortie viendra, comme nous l’avons signalé, d’un leadership de poigne, alliant une « rudesse justifiée » contre les vieilles mœurs de déprédation, c’est-à-dire, des sanctions justes à la hauteur des crimes économiques et de sang perpétrés par les fossoyeurs du bien-être collectif et de l’État de droit. Nous avons le même devoir de mémoire aussi bien envers ces crimes de toutes natures commises sous l’ancien régime kabiliste que pour la commémoration de l’alternance politique.

Les anges de l’enfer



L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) dresse un tableau sombre de la gestion du budget national durant l’exercice 2019, signalant « la faiblesse de la transparence et de la redevabilité, l’irrégularité des procédures et l’indiscipline budgétaire ». Les autorités congolaises ont l’art de se fier au temps qui, dit-on, arrange les choses au point que la mémoire collective ne s’offusque plus de la gravité de la situation.

On n’entend presque plus parler de l’enquête sur les quinze millions de dollars de rétro-commissions, lesquelles sont tout à fait banalisées en recevant la bénédiction du président Tshisekedi, à l’image de la puissance des ouragans que l’on rétrograde à 1 sur une échelle de 5 niveaux d’intensité, au risque de perpétuer un environnement de crimes qui n’appellent pas de châtiments.



Le président américain Trump a essayé de lier une aide militaire à l’Ukraine à certains dossiers personnels; il fait face à une procédure de destitution. Les dirigeants politiques congolais excellent à se lancer dans des joutes oratoires, mêlant vérités et sophismes et frôlant la « trumpisation » de la scène nationale, c’est-à-dire, sans tenir compte des faits réels ni prendre conscience des conséquences de leurs déclarations.

L’honnêteté est une vertu que les Congolais reconnaissent très peu chez leurs dirigeants politiques, même s’il paraît injuste de mettre tout le monde dans le même moule. Le PPRD du sénateur Kabila s’est lancé dans la voie de la « moralisation publique », selon un de ses hauts cadres. Nous devons reconnaître un sans-gêne déroutant de la part de ceux-là qui, durant dix-huit ans, ne se sont jamais posé la question du sens de l’État en s’adonnant de façon égoïste à l’appropriation des biens et des fonds publics, donc des ressources appartenant à tout le peuple congolais.

Ces dirigeants kabilistes qui ont été sans compassion envers le petit peuple qui criait famine et dépérissait dans des centres de santé douteux, ces kabilistes qui ont démontré une indifférence inhumaine envers nos frères et sœurs qui se font étriper nuit et jour à l’Est du pays, ces dirigeants amnésiques veulent s’ériger aujourd’hui en défenseurs de la veuve et de l’orphelin alors que leur silence complice, leur violation des lois et leur comportement antipatriotique sont à la base du chaos sans nom qui règne dans notre pays.

Instruire le peuple congolais



Tout citoyen congolais doit connaître ses droits et ses devoirs par rapport à l’intérêt général du pays. Le philosophe allemand Kant disait ceci: « Agis de telle façon que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen ». Les règles sociales et culturelles établissent les balises des relations entre les personnes partageant le même espace vital. Cette normalité construite est le résultat de la socialisation induite par l’éducation dans son sens le plus large et des mécanismes d’apprentissage de la vie en société à différentes périodes à travers nos relations avec autrui.

Dans ce sens, il est essentiel de redynamiser l’enseignement du civisme dans les écoles pour créer des citoyens conscients de leurs devoirs et obligations. Par ailleurs en matière d’éducation scolaire, il est important que le contenu de scolarisation soit en lien avec l’environnement réel des apprenants. La mondialisation nous amène à ne pas ignorer ce qui se passe à travers le monde certes, mais les connaissances endogènes sont essentielles pour rebâtir notre histoire dans plusieurs domaines, permettant ainsi une intériorisation harmonieuse des apprentissages par rapport au milieu de vie des apprenants.



Nous ne sommes pas des Français pour louer nos ancêtres les Gaulois ou les conquêtes de Napoléon, alors que nous ignorons tous des fils et filles du pays qui ont contribué à bâtir notre propre histoire du Congo, à l’instar de Kimpa Vita, Lumumba, Malula, Kimbangu, Mukwege, Malu wa Kalenga, Mamadou Ndala, Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala, Kallé, Franco, Nico, Simaro, Tabu Ley et bien d’autres.

Cultiver la fierté nationale



L’identité nationale se bâtit à travers les événements mémorables qui tapissent la vie nationale au cours du temps. Dans la mesure où les individus se sentent pris en compte dans la définition des solutions de leurs préoccupations quotidiennes, ils s’impliqueront davantage dans la gestion de la chose publique et la qualité de leurs conditions de vie. En l’absence d’une couverture universelle des soins de santé, certaines autorités publiques ont le privilège de pouvoir se faire soigner à l’étranger, tous les frais étant pris en charge par le trésor public, c’est-à-dire par nous les contribuables qui trimons pour nouer les deux bouts du mois et qui, des fois, demeurons impayés durant des mois.

Cette disposition nous paraît malsaine, car elle a des conséquences perverses sur l’amélioration même de notre système de santé publique. Les autorités publiques ne se sentent nullement concernées par l’état de la santé publique, s’étant octroyé ce privilège d’être « évacuées » en cas d’urgence. L’État congolais doit rétablir la justice en cette matière et injecter les fonds servant à cette disposition particulière dans le système public de santé et abolir ce privilège.

Tous les Congolais se sentiront dès lors impliqués dans la mise sur pied et l’amélioration des hôpitaux et des centres de recherche médicale de qualité chez nous au pays. Advenant une épidémie, nous serons à même d’y apporter une réponse idoine sans attendre ni tourner continuellement les yeux vers l’étranger. Il en va de même des émoluments et des avantages reconnus aux anciens hauts dirigeants du pays qui ont raflé un pactole sur le dos des contribuables congolais, comme s’ils avaient fait du bénévolat à la tête du pays.



Par ailleurs, la déclaration du patrimoine à l’entrée en fonction et à la fin d’un mandat public, pratiquement inexistante sous Kabila, est une obligation de la Constitution. Les versements des indemnités dès lors doit être lié à la production obligatoire de ce document au moment fixé par la loi. L’absence de justification des biens nouvellement acquis par rapport aux revenus légitimes favorise de facto l’enrichissement illicite.

Endurer notre calvaire jusques à quand?



La jeunesse constitue la bougie d’allumage de la prise de conscience et des soulèvements populaires à travers le monde. La maturité du peuple congolais est à mettre à contribution dans cette équation dont les paramètres ne nous sont plus du tout inconnus. La goutte de mécontentement qui fera déborder le vase n’est pas si loin qu’on le croit.

À titre d’exemple, les soulèvements populaires ont obligé l’ancien président bolivien Evo Morales à démissionner et à s’exiler au Mexique. Ailleurs à travers le monde, le gouvernement chinois n’en a pas encore fini avec les mouvements pro-démocratie des étudiants à Hong Kong. En Irak, malgré la répression violente continue, la jeune génération qui n’a pas connu Sadam Hussein tout comme les jeunes diplômés sans travail, au-delà de leurs appartenances ethniques et confessionnelles, dénoncent l’élite politique corrompue et responsable de la situation économique désastreuse et réclament un changement de régime politique.

Chez nous, les proches collaborateurs de Fatshi ont failli faire avaler des couleuvres au peuple congolais en prétextant la nature historique de l’alternance politique du 24 janvier 2019. N’eussent été cette vigilance du peuple congolais et sa prise de conscience de véritables enjeux de son destin, une autre gabegie des deniers publics engrangés à la sueur du front des Congolais s’organisait sans compassion pour la pauvreté extrême d’une population exsangue démunie à tous points de vue. Que l’argent provienne des organismes internationaux ou de la coopération bilatérale, le peuple congolais finit par en payer le prix fort en intérêts ou autres considérations relatives à nos ressources naturelles et minières. Il n’y a pas de cadeau désintéressé en coopération internationale.

Une question de leadership



Le leadership de Fatshi s’entend dans le sens où il peut conduire son équipe de collaborateurs et son peuple à atteindre les objectifs pour lesquels il s’était battu avant 2019. Écouté et suivi, il doit être capable de guider, d’influencer et d’inspirer la majorité des citoyens de manière à mener tout le pays à un autre stade plus avancé de développement.

Le président Fatshi veut ménager la chèvre et le chou, mais sa bonhomie rencontre des limites, car on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs et le peuple congolais est las des querelles politiciennes.. La réalité de la gouvernance du pays se complique par les campagnes officieuses que les partis politiques concoctent face à l’horizon 2023. Seul un leadership de poigne peut œuvrer de façon éclairée pour renverser les tendances aux antivaleurs et renforcer les institutions afin de ne pas revivre la situation des nominations sans effet à la Gécamines et à la SNCC.



Le renouveau tant souhaité vise avant tout l’amélioration de la qualité de vie. Les moyens pour ce faire passent par le recouvrement optimal des recettes publiques, la transparence de la gestion des finances et des dépenses publiques, la production des états financiers complets et audités et sans contredit la pacification de tout le territoire national.

Le peuple congolais ne veut pas savoir les détails des actions à mener pour libérer nos frères et sœurs de l’Est des barbares qui veulent occuper leurs espaces, notre territoire, mais voir aboutir ces stratégies. Nous imaginons que derrière votre sourire se cache un stratège avisé qui peut affronter courageusement et publiquement les fossoyeurs de notre pays. Le président Trump n’a pas clamé haut et fort qu’il avait ciblé tels chefs djihadiste ou iranien, mais le monde entier a assisté à leur exécution par une frappe chirurgicale.

Les jeunes congolais sont prêts à défendre la patrie à condition qu’ils reçoivent une formation militaire de pointe, contrairement aux éléments rebelles disparates qu’on a intégrés dans nos forces armées sans amour du pays et répondant à des visées séparatrices. Nos soldats sont prêts à en découdre avec nos ennemis si nous les équipons adéquatement et que nous nous occupons des familles qu’ils laissent derrière eux.

L’ancien président ghanéen Rawlings avait instauré un régime autoritaire et répressif, mais son équipe avait réussi à appliquer des politiques qui ont redressé l’économie et amélioré sensiblement la situation de ses compatriotes. À côté de nous, en Angola, le gouvernement du dauphin de l’ancien président Dos Santos, s’est lancé dans des opérations de rapatriement des capitaux placés illicitement hors du pays, la récupération des biens publics spoliés et le gel des comptes bancaires liés à des activités criminelles.

En tant que citoyens ayant combattu et marché ensemble dans les rues pour voir l’avènement d’un nouvel horizon économique et social, nous ne devons pas prendre à la légère les difficultés énormes qu’éprouvent les Congolaises et Congolais pour se loger, se nourrir, se faire soigner, trouver un travail, se rendre au travail, prendre soin des enfants, se déplacer ou faire d’autres courses personnelles. Le temps n’est plus aux seuls engagements. Le peuple congolais doit voir une démarcation nette d’avec l’ancien régime kabiliste. Ces tensions non prises en compte par les dirigeants actuels deviendront intenables et alors sonneront le glas de la cupidité et de l’inconscience des fossoyeurs du Congo démocratique et solidaire.

Mbilo Vini
Le Potentiel
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