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L'opposant congolais Martin Fayulu, candidat à la présidentielle de 2018, a répondu à nos questions, jeudi soir à Kinshasa, après une courte rencontre avec la Première ministre belge Sophie Wilmès. Il invité la Belgique à "faire en sorte que la souveraineté du peuple congolais soir respectée".

Martin Fayulu, candidat à la présidentielle congolaise en 2018, donné gagnant par des résultats officieux, n'a toujours pas digéré l'investiture de son rival, Felix Tshisekedi.

Le journal economique belge L'Echo l'a rencontré jeudi soir, lors d'une réception donnée à l'ambassade de Belgique à Kinshasa. L'opposant congolais a accepté de répondre à nos questions, appelant la Belgique à jouer de son influence pour que "la souveraineté du peuple congolais soir respectée".

Martin Fayulu venait de s'entretenir durant vingt minutes avec la Première ministre belge Sophie Wilmès, en visite en République démocratique du Congo (RDC). Quelques heures auparavant, Sophie Wimès avait été reçue au Palais de la Nation par le président de la RDC, Felix Tshisekedi.



Lors de la présidentielle de 2018, Martin Fayulu, désigné candidat unique par une partie de l'opposition, avait été donné gagnant sur base de fuites, révélées par RFI et le Financial Times. Selon des résultats compilés de la Cenco, la conférence épiscopale et de la Ceni, la commission électorale du Congo, Martin Fayulu aurait été élu à 62%. Mais la Ceni avait proclamé gagnant Felix Tshisekedi. La Cour constitutionnelle de RDC avait validé ce résultat. La communauté internationale s'y était ralliée, misant sur la stabilité et une diplomatie "de raison", dans un pays au bord de l'implosion.

L'Echo: La Première ministre belge est au Congo, ce qui n'était plus arrivé depuis dix ans, pour renouveler la coopération de votre pays avec la Belgique. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Martin Fayulu: Renouveler la coopération, pour nous, signifie que le Congo a des fragilités. Le Congo n'est pas un pays qui s'est développé normalement. Dans les domaines où nous avons des faiblesses, nous avons besoin des gens qui ont de l'expérience. Nous avons besoin de pays qui peuvent nous aider à aller de l'avant pour construire l'État, nous aider à obtenir les technologies qui nous n'avons pas. Marchons ensemble, soyons gagnant gagnant. Que la Belgique gagne, que le Congo gagne avec son peuple.

Vous pensez que les problèmes du Congo sont de la responsabilité de la Belgique ?

Comme la Première ministre belge a dit, il faut aller de l'avant, sans oublier le passé. Mais en même temps, il ne faut pas toujours tout mélanger, sinon vous aurez une sauce indigeste. À ce rythme-là, on pourrait accuser la Belgique, Mobutu, Laurent-Désiré Kabila... Les Français et les Allemands se sont accusés durant des années. Aujourd'hui, l'axe franco-allemand dirige l'Union européenne. La première chose qu'il faut, c'est un gouvernement légitime au Congo. Le vrai problème, c'est que le peuple congolais doit retrouver sa souveraineté. Il nous faut un gouvernement élu par le peuple, et pour le peuple.

Comment comptez-vous y parvenir ?

En respectant la vérité des urnes, la volonté primaire du peuple. Les élections ne peuvent être un moyen pour que quelqu'un triche et aille au pouvoir. Les élections sont le moyen pour que le peuple s'exprime.

Martin Fayulu: "La Belgique doit aider le Congo à avoir des dirigeants légitimes"



Qu'attendez-vous de la Belgique ?

La Belgique doit prendre ses responsabilités historiques pour influencer notre pays, et faire en sorte que la souveraineté du peuple congolais soit respectée.

Dans quels secteurs faut-il relancer la coopération en priorité ?



Le gouvernement belge sait où il faut aller et dans quels domaines investir. Mais pour moi, il ne faut pas aider quelque chose qui n'existe pas. C'est du temps et de l'argent perdu. La Belgique doit aider le Congo à avoir des dirigeants légitimes. Et ce n'est pas le cas maintenant. Monsieur Tshisekedi a été fabriqué par Monsieur Kabila. Il a été imposé par tout le monde. En une nuit, Kabila l'a imposé et bafoué la volonté du peuple.

Vous voulez reconquérir le pourvoir ? Comment allez-vous vous y prendre ?

Par les élections. Nous demandons des élections anticipées, nous avons fait une proposition de sortie de crise. Il n'y a rien d'autre que la vérité des urnes. Vous le voyez, le Royaume-Uni l'a expérimenté. Le Malawi aussi, vous voyez ce que la Cour suprême l'a fait, la Guinée-Bissau aussi. Tout le monde, y compris la Belgique, doit aider le Congo à avoir un État de droit.

Selon vous, la Belgique ne devrait pas normaliser les relations avec le Congo ?

Ce n'est pas à moi de dire à la Belgique ce qu'elle doit faire. Si votre pays a connu des temps difficiles avec le Congo, c'est à cause de Kabila. Mais aujourd'hui, c'est toujours Kabila qui dirige le Congo. La Belgique doit continuer à coopérer avec le peuple du Congo. Les Congolais ont décidé le 30 décembre 2018. La Ceni a fabriqué des résultats sur demande, et la Cour constitutionnelle a bafoué les procédures. M. Thsisekedi est illégal. Et dans l'élan, la Belgique n'a pas pris acte. Mais je me limiterai là.


L'Echo
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