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Le Chef de l'Etat congolais poursuit sans désemparer, ses contacts directs avec les acteurs politiques et sociaux, amorcés depuis lundi 2 novembre courant. Au deuxième jour de ces consultations hier mardi, Félix Tshisekedi a continué les échanges avec des acteurs de la plurielle société civile évoluant dans des associations de défense de droits de l'homme. L'ordre de passage des personnes invitées à ces consultations n'ayant pas été révélé au grand public, on ignore encore les hôtes de Fatshi attendus ce mercredi.

Cependant, contrairement à ce qu'a été l'ambiance du premier jour où les contacts du Chef de l'Etat avec ses invités ont été retransmis en direct sur la radiotélévision nationale congolaise (RTNC), les échanges hier ont quelque peu revêtu du sceau d'un "huis-clos". Aucune image n'a été directement retransmise sur les antennes de la RTNC, pour des raisons qu'ignorent de nombreux téléspectateurs, scotchés à leurs petits écrans, dans l'espoir désespéré, de suivre ce qui se passe au Palais de la Nation.

QUID DU RESPECT DU CADRE INSTITUTIONNEL?

A quoi les Congolais devront-ils s'attendre à l'issue de cette initiative de Félix Tshisekedi ? A priori, beaucoup de choses sur fond de reconfiguration de la classe politique. Particulièrement, une nouvelle majorité à l'Assemblée nationale. Cela devrait donc conduire à la rupture de l'accord de la coalition FCC-CACH au pouvoir depuis le 24 janvier 2019.

Lorsque Félix Tshisekedi prend ce genre d'initiative, d'aucuns pensent qu'il connait déjà d'avance, les conclusions auxquelles ces derniers devront aboutir. Comme qui dirait, quiconque pose une question a déjà une partie de la réponse. Fort de ce principe, de nombreux analystes considèrent ces consultations comme une simple formalité dont l'objectif est de légitimer ce que Félix Tshisekedi a déjà lui-même décidé. Le choix des invités en disant parfois long qu'une déclaration officielle. Doit-on considérer ce point de vue comme une pétition de principe ? S'agit-il aussi d'une induction facile et amplifiante ? Peu importe.

Cependant, une question essentielle taraude les esprits. La problématique est celle de savoir si la démarche du Président Félix Tshisekedi respecte le cadre institutionnel issu des élections de 2018 qui ont couté plusieurs centaines de millions de dollars au Trésor public. Des sommes que l'on pouvait utilement affecter dans des secteurs de la vie nationale jugés prioritaires, comme la santé et l'éducation.

Au-delà de l'effervescence, mieux de l'agitation politique observée autour de ces consultations, particulièrement dans le camp des partisans de Félix Tshisekedi, il se pose une autre question de fond, en rapport avec la Constitution. La question est de savoir si ces contacts constituent pour le Chef de l'Etat congolais, une voie royale de sortie de crise, que prévoit concrètement la Constitution du 18 février, en cas d'une crise majeure paralysant le bon fonctionnement des institutions ?

Si après deux ans seulement, on doit revenir sur le cadre institutionnel, on se demande alors à quoi aura servi le scrutin de décembre 2018. Que veut-on concrètement ? Sans prendre partie l'un ou de l'autre camp, pour de nombreux analystes disent se sentir fondés, de pousser la réflexion plus loin, au-delà même d'une opinion nationale visiblement clivée. "Lors qu'il se pose un problème dans les institutions, faut-il organiser ce grand ballet qui démasque nombre d'opportunistes, afin de défaire tout le cadre institutionnel existant ?

QU'ADVIENDRAIT-IL EN CAS D'UNE NOUVELLE CRISE ?

A ce jour, le camp politique de l'ancien président congolais Joseph Kabila, est présenté comme l'incarnation de tous les malheurs qui s'abattent sur le pays. Puiser dans la pensée bantoue, le FCC est considéré par ses adversaires d'hier et d'aujourd'hui, comme ce vieux sorcier, auteur de tous les décès du clan et qu'il faille à tout prix liquider par un supplice du collier ou justice populaire.

Consulter pour une nouvelle majorité parlementaire, l'initiative actuelle du Président Félix Tshisekedi parait inéluctable. Le train ayant déjà quitté la gare, il ne reste plus aux passagers qu'à bien des tenir. Sans être prophètes de malheur, nombre d'analystes se demandent également ce qui adviendrait, en cas d'une nouvelle crise après le cadre institutionnel post-consultations. Devra-t-on organiser de nouvelles séries de contacts pour prétendre sortir de l'impasse? Si la solution à la crise politique actuelle se pose en termes d'institutions, pourquoi penser à en créer d'autres du même genre, alors qu'il en existe déjà ? Le conflit doit-il se régler dans ou en dehors du cadre institutionnel ?

De ce qui se fait depuis lundi dernier au Palais de la Nation, tout donne à croire que l'ultime objectif est de faire l'impasse sur les structures, des institutions politiques issues des élections de 2018. Alors,, que va-t-il se passer au cas où la nouvelle donne très attendue déboucherait sur une crise beaucoup plus grave que celle ayant conduit à l'organisation des consultations actuelles ? Certes, la fin justifie les moyens, postule un adage attribué au célèbre penseur italien, Nicolas Machiavel. Reste cependant à se demander si réellement, tous les moyens sont bons pour atteindre un objectif.

Si cette réunion ne mettrait aux prises que ceux des acteurs qui perçoivent les choses de la même manière que le Président Félix Tshisekedi l'entend, on suppose dès lors qu'il y en a qui pensent tout le contraire. Alors, en quoi cette grand'messe aurait-elle l'ambition de déboucher sur une union sacrée ? Poser la question, c'est à la fois y répondre, jugeait Emmanuel Rail.

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