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C’est le ras-le-bol. La RD Congo menace de prendre des mesures de rétorsion contre l’Union européenne (UE) si cette dernière ne se décidait pas à lever les sanctions prises à l’endroit de seize personnalités Rd congolaises. Le Vice-Premier ministre, en charge des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu l’a annoncé vendredi 30 novembre dernier, lors de sa communication très offensive aux chefs des missions diplomatiques en poste à Kinshasa.

"Face à la fin de non-recevoir de l’Union européenne, le gouvernement congolais se verrait en désespoir de cause dans l’obligation d’exercer, à son tour, son droit souverain de prendre des mesures de rétorsion qui s’imposent", a menacé She Okitundu.
Le chef de la diplomatie congolaise a rappelé lors de son adresse les efforts de dialogue entrepris auprès de l’Union européenne afin d’obtenir la levée desdites mesures. Okitundu a évoqué notamment sa conversation téléphonique le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini.
Le ministre des Affaires étrangères a également fait étalage du caractère contre-productif de ces mesures restrictives et a sollicité leur retrait avant l’organisation des élections. Car, selon She Okitundu, "la révision des mesures restrictives n’a d’intérêt pour la République Démocratique du Congo que si elle intervenait antérieurement à la tenue des élections, postérieurement à celles-ci, elle perdrait toute signification et partant constituerait un non- évènement".
Pour Kinshasa, au-delà du fait que ces sanctions violent toutes les dispositions des principes qui régissent le droit et les relations internationales, celles-ci constituent également un désavantage pour le candidat du Front Commun pour le Congo, FCC, Emmanuel Ramazani.
Le VPM Okitundu fait remarquer qu’au moment où le processus électoral entre dans sa phase cruciale avec la campagne électorale, "il se dégage une inégalité de traitement entre les différents candidats frappés par ces mesures et les autres", en particulier celui du FCC, "privé de sa liberté de mouvement pour expliquer la pertinence de sa vision aux partenaires". Cette privation de liberté d’aller et venir, serait à dessein exploitée par ses adversaires, note She Okitundu.
Ces personnalités rd congolaises au nombre desquelles Ramazani Shadary ont été sanctionnées pour "entrave aux principes démocratiques…" C’est en principe le 10 courant que l’Union européenne devra décider si elle renouvelle ou non les sanctions contre les 16 dirigeants congolais.
Lire, ci-dessous, l’intégralité de l’adresse du Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères au corps diplomatique, vendredi 30 nombre. Didier KEBONGO

ALLOCUTION DU VICE-PREMIER MINISTRE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET INTEGRATION REGIONALE AU CORPS DIPLOMATIQUE, 30 NOVEMBRE 2018/KINSHASA

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations internationales et Chefs de missions consulaires,
C’est un honneur et un grand plaisir de me retrouver devant les représentants de la Communauté Internationale que vous êtes en ce jour. Cet exercice d’information diplomatique que j’affectionne particulièrement est cependant ardu à pratiquer régulièrement comme souhaitévu les agendas complexes de ma fonction dans le contexte particulier que traverse notre pays.Ne m’en tenez donc pas rigueur.
Excellences,

1. Ma communication de ce jour portera essentiellement sur un point à savoir, les relations entre la République Démocratique du Congo et l’Union Européenne. Comme vous le savez pertinemment, en date du 12 décembre 2016 et du 29 mai 2017, le Conseil de l’Union Européenne a pris des mesures restrictives à l’encontre de 16 personnalités Congolaises. Les Ministres des Affaires Etrangères de l’Union Européenne qui ont pris ces mesures, à deux reprises, les ont justifiées par le fait que ces personnalités auraient commis " des actes faisant obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique en vue de la tenue d’élections en RDC " ;
2. Par mon entremise, le Gouvernement de la République a rappelé à plusieurs reprises que ces mesures étaient non judiciaires mais foncièrement politiques, partant revêtaient un caractère manifestement arbitraire dans la mesure où elles s’écartaient des principes élémentaires régissant un Etat de droit en particulier, le droit fondamental d’être entendu et le droit à la présomption d’innocence ;
3. Ces mesures sont prises au détriment du substrat d’amitié, d’égalité, de dialogue permanent dans le respect mutuel fondant la relation entre l’Union Africaine et l’Union Européenne à teneur de l’Accord de Cotonou en son article 8 qui prône le dialogue dans toutes ses formes ;
4. Peut-on imaginer un seul instant que, réunis en Conseil Exécutif de l’Union Africaine à Addis-Abeba, les ministres africains puissent prendre des mesures restrictives à l’encontre de leurs homologues européens avec qui ils siègent valablement lors des Sommets Conjoints Afrique-Europe ? Visiblement le moins que l’on puisse en retenir c’est que ces mesures punitives de l’Union Européenne dénotentune posture de supériorité surannéeaux antipodes du partenariat coopératif et de respect mutuel entre l’Afrique et l’Europe ;
5. Ce d’autant plus que les faits allégués à l’appui de ces mesures restrictives ressortent de rapports et mémorandums d’organisations non gouvernementales, des médias et des associationsdont la crédibilité ne s’impose pas nécessairement et sans que l’Union Européenne ne les aient soumis à une procédure rigoureuse devérification. Le comble c’est que ces mesures proviennent d’une organisation supranationale qu’estl’Union Européenne, membre du Conseil de l’Europe, lui-même à l’origine de la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui se définit comme le parangon mondial de la défense des libertés fondamentales ;
6. En outre, les recours intentés contre ces mesures tant au plan judiciaire auprès du tribunal de Luxembourg qu’au plan politique auprès du Conseil Européensemblent chimériquedepuis décembre 2016 dans la mesure où ils demeurent à ce jour sans suite partant lettres mortes ;
7. Sur le plan diplomatique tant avec le plus haut niveau de la direction de la politique étrangère de l’Union Européenne qu’en bilatérales avec les pays membres, nous avons fait des efforts de dialogue pour obtenir la levée de ces mesures qui constituent désormais un handicap dans nos relations ;
8. Ainsi à mon initiative, au cours d’une franche et cordiale conversation téléphonique la semaine passée, j’ai répété à la Haute-Représentante de l’Union Européenne aux Affaires Etrangères et Vice-présidente de la Commission Européenne, Son Excellence Madame Federica Mogherini, que cette praxis consistant à infliger des sanctions à grand renfort de publicité à l’encontre d’éminentes personnalités Congolaises était contreproductive, violait le droit international et constituait une menace sur la souveraineté de la République Démocratique du Congo ;
9. J’ai rappelé à Madame Mogherini que le processus électoral en République Démocratique du Congo était entré dans sa phase cruciale avec le début effectif de la campagne conformément au calendrier prévu par la Commission Electorale Nationale Indépendante à savoir du 22 novembre au 21 décembre 2018 soit pendant 30 jours et que le Gouvernement Congolais avait pris toutes les dispositions logistiques, financières et sécuritaires pour le déroulement crédible de ces scrutins ;
10.Malheureusement, suite à ces mesures restrictives prises unilatéralement par l’Union Européenne à l’encontre de certaines personnalités Congolaises, il se dégage une inégalité de traitement à ces élections entre les différents candidats frappés par ces mesures et les autres ;
11. En l’espèce, il s’agit en particulier du candidat du Front Commun pour le Congo à savoir l’Honorable Emmanuel Ramazani Shadary, qui est ainsi privé de sa liberté fondamentale de se mouvoir pour expliquer aux partenaires extérieurs la pertinence de sa vision. Par-dessus le marché, cette privation de sa liberté d’aller et venir peut être à dessein exploitée négativement par ses adversaires ;
12. Du coup, nous avons à faire ni plus ni moins à un cas flagrant d’ingérence inacceptable dans le processus électoral Congolais de la part del’Union Européenne ;
13. Les organisations sous-régionales et continentales africaines s’en sont fortement inquiétées en condamnant ces sanctions unilatérales infligées à des personnalités Congolaises par des pays et organisations extracontinentales et exigé leur retrait. En l’occurrence, il s’agit respectivement du Sommet de l’Union Africaine de juillet 2017, le 37ème Sommet SADC en aout 2017, le Sommet Ministériel de la CEEACet plus récemment le Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine lors de sa dernière session du 19 novembre 2018 ;
14. Lors de mon dernier entretien avec la Haute Représentante européenne, j’ai sollicité une ultime fois le retrait de ces sanctions de nature politique, illégale et à tout le moins inopportune,avant la tenue des prochains scrutins, afin de remettre sur un même pied d’égalité tous les candidats à l’élection présidentielle et promouvoir un environnement propice au déroulement d’élections apaisées et transparentes en République Démocratique du Congo. A la rigueur, faute du retrait pur et simple de ces mesures restrictives, j’ai requis, au nom des relations historiques entre l’Union Européenne et notre pays, leursuspension moyennant une période probatoire en guise d’une solution de compromis qui serait très appréciée ;
15. En conclusion de cet entretien téléphonique, il s’est dégagé une divergence profondeentre la position Congolaise et celle de l’Union Européenne, celle-ci préférant une reconduction technique des mesures querellées et leur révision postérieurement au déroulement des élections ;
16. Dans l’hypothèse où l’Union Européenne demeurait insensible à la demande Congolaise soutenue par l’Union Africaine et les organisations sous-régionales africaines habilitées, cela compromettrait dangereusement nos relations de partenariat. En effet, la révision des mesures restrictives n’a d’intérêt pour la République Démocratique du Congo que si elle intervenait antérieurement à la tenue des élections car postérieurement à celles-ci elle perdrait toute signification et partant constituerait un non-événement comme je l’ai rappelé à certains d’entre vous ;
17. Face à une telle fin de non-recevoir, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo se verrait en désespoir de cause dans l’obligation de se réserver à son tour son droit souverain de prendre des mesures de rétorsion qui s’imposent dont il préfère taire en ce moment la nature et l’ampleur ;
18. Sur un deuxième point dans ce même cadre, je tiens à fixer le corps diplomatique sur la question du dispositif consulaire qu’on appelait "Maison Schengen" et rappeler que la mesure de retrait de la protection diplomatique au bâtiment qu’il abritait, entre dans le cadre des mesures de rétorsion prises au niveau bilatéral avec le Royaume de Belgique suite à des décisions inamicales prises par ce partenaire ;
19. Je rappelle qu’il n’existe aucun accord entre notre pays et les Etats Schengen in corpore et encore moins avec l’Union Européenne sur ledit dispositif consulaire ;
20. Toutefois, le Gouvernement Congolais areçu des nouvelles propositions de certains partenaires quant à ce dispositif qui sont à l’étude actuellement. En tous les cas, la résolution de cette question requiert un geste du Gouvernement belge qui intègre les revendications Congolaises. A défaut, il ne restera plus qu’à substituer au dispositif bilatéral, un accord européen ;
21. Nous demeurons ouverts à des discussions constructives ;
Je vous remercie.
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