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Deux couloirs. Le premier pour hommes. Puis celui réservé aux femmes. Quatre salles d’aisances et trois douches pour hommes. Contre trois toilettes et trois douches pour dames. Cette architecture moyenne est bien celle des toilettes publiques construites au niveau du rond-point Super, sur l’avenue Apate, au quartier Super Lemba, de la commune portant le même nom.

A l’entrée des toilettes, est assis M. "Pipi". C’est-à-dire l’agent commis à l’entretien des toilettes. Sur sa table, sont disposés des morceaux de papiers hygiéniques, servis gracieusement aux clients. Juste un dialogue de quelques secondes. Le temps pour le client de présenter son besoin et payer la valeur de la transaction correspondante. Ici, le tarif à payer est de 300 Fc pour les pissoirs, 500Fc pour les toilettes et 1000 FC pour les douches.
Ouvertes chaque jour de 06 heures à 00 heures, les toilettes et douches publiques de Super Lemba attirent un grand nombre de personnes. Non seulement les passants, mais aussi certains habitants du quartier. Non sans raison. Car, quiconque fréquente ces lieux pour la première fois, aurait du mal à croire qu’il s’agit bel et bien des toilettes publiques. L’hygiène sans faille de ces lieux d’aisances, les distingue de la plupart des autres toilettes publiques de la capitale. Rien à voir avec, par exemple, celles du Grand Marché qui font penser à un endroit propice pour des études spécialisées en Microbiologie.

LE SECRET DU SUCCES
Les toilettes publiques de Super Lemba doivent également leur prestige à leur beauté physique. Le carrelage sans mosaïque, aussi bien sur le parquet qu’aux murs, plaisent à l’œil. Toujours alerte et habile, M. "Pipi" veille à la propreté, aussitôt après la sortie d’un client. Mains gantées et muni de détergents, il doit s’assurer que les toilettes sont propres et prêtes à être servies à un nouveau client. Le nettoyage est au poil. On ne se pince pas les narines. Cas extrêmement rare, pour être signalé.
Trois châteaux d’eau ont été montés pour compenser en cas de coupure de fourniture d’eau. Une mesure qui contribue à ne pas faire baisser le chiffre d’affaire qui environne les deux cent mille franc par jour (plus de 100$ US) et cela peut augmenter en cas de forte affluence, assure le gardien. " En cas de coupure de fourniture d’eau, nous recevons beaucoup plus de visiteurs parce qu’en manque d’eau, les gens viennent ici se laver et pour autres besoins primaires".
Dans le couloir qui mène aux salles d’aisances et douches réservées aux femmes, se trouve plaqué au mur, un miroir convexe, permettant aux dames de refaire la toilette. Et, pour plus de commodité, les toilettes sont de modèle turc. Pas de cuves. A l’intérieur, un robinet et un seau permettant aux usagers de procéder à la chasse, après toute utilisation.
Pour prévenir tout abus éventuel des clients, tout acte d’incivisme…le gardien des lieux, flanqué à la réception, étale devant lui des morceaux de papier hygiénique bas de gamme, ainsi qu’un flacon de savon liquide pour le lavage des mains. " Avant d’accéder aux toilettes, le client paie le montant selon son besoin, et droit à un ou deux morceaux de PH. Nous avons jugé plus judicieux de ne laisser les rouleaux de PH et le flacon de savon liquide dans les toilettes à cause de l’utilisation abusive de certains visiteurs. C’est aussi plus économique pour nous " fait savoir l’employé.

UNE INITIATIVE PRIVEE
D’aucuns croiraient que les toilettes publiques de Super Lemba sont une propriété de l’Etat. En, l’occurrence la commune de Lemba. Erreur ! Ces lieux publics d’aisances sont l’initiative d’un particulier, motivé par le souci de préserver la santé publique dans ce coin, l’un des plus fréquentés de cette municipalité considérée par le passé, comme une oasis d’intellos.
Ici, l’hygiène est la règle d’or. " Nous veillons à la propreté des lieux. Toutes les cinq minutes, nous passons la serpillière. Question de nous assurer que les WC sont restés propres et utilisables après le départ de chaque visiteur. Et, pour ça, nous avons toujours des produits de nettoyage sous la main. Ceci est important. Car, nous recevons toutes les catégories sociales. Il arrive que nous recevions de gros pourboires de la part de certains de nos clients, juste parce que l’existence de ces toilettes leur a permis d’éviter une rupture de la vessie ", précise M. "Pipi", sous couvert de l’anonymat.
A plus d’un égard, ces WC très fréquentés, ont contribué à la préservation de l’hygiène environnementale. Ce, en plus du fait qu’ils permettent à leurs usagers de satisfaire leurs besoins primaires en toute dignité. Ainsi, les petits commerçants ambulants et autres personnes en attente d’un moyen de transport en commun, par exemple, ne se posent plus de question du genre " où se soulager ".
"Avec l’installation de ces toilettes, nous, vendeurs de Super-Lemba, n’avons plus de problème en ce qui concerne nos petits ou grands besoins. Ces sanitaires sont bien entretenus. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui expliquent l’affluence sur les lieux", explique un cireur, la trentaine révolue, qui pratique son petit métier à quelques jets de pierre des lieux.
Ainsi que nous le disions précédemment, les toilettes et douches publiques de Super-Lemba ne sont pas seulement une affaire des passants. Mais aussi, une aubaine pour certains habitants de ce quartier. " Les urinoirs sont quasi inexistants dans la plupart des bars et terrasses qui nous entourent. Aussi, les gens qui y passent du temps, viennent-ils ici pour leurs besoins. Les habitants du quartier, dont les toilettes et les douches ne sont pas bien entretenues, font également parties de notre clientèle. Même certains habitants du quartier Salongo, quartier connu pour ses difficultés d’approvisionnement en eau potable, viennent prendre leur douche ici ", témoigne l’agent nettoyeur.
A tous égards, les toilettes publiques à Kinshasa posent un vrai problème de santé publique. Leur absence manifeste dans la plupart des communes de Kinshasa, fait que les gens se déchargent en toute insouciance dans la nature. En dépit du fait que les Nations Unies aient institué une Journée internationale des Toilettes, célébrées le 19 novembre de chaque année, la problématique de l’hygiène des toilettes publiques demeure d’actualité dans la très vaste métropole de la RD Congo.
Fyfy Solange TANGAMU
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