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Le ministre des Affaires Etrangères du Botswana était le premier à « dégainer », à visage découvert, et à tirer à balles réelles sur Kinshasa, coupable à ses yeux d’entretenir l’agenda caché des prolongations à répétition du second et dernier mandat du dictateur Joseph Kabila. Le chef de la diplomatie botswanaise n’avait pas mis des gants pour demander, dans un communiqué daté du mardi 26 février, à la communauté internationale d’accentuer les pressions sur Kinshasa pour amener les hommes au pouvoir à rendre le tablier dans le plus bref délai. Le résultat attendu de ces pressions devrait être l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales au plus tard le 23 décembre 2018, afin de permettre au peuple congolais de retrouver la voie de la démocratie et de refonder réellement un Etat de droit.

Selon l’homme d’Etat botswanais, Joseph Kabila pécherait dans le déficit de gouvernance de son pays et aurait perdu le contrôle de sa situation sécuritaire, ce qui a plongé le peuple congolais dans une situation d’insécurité récurrente et dans une crise humanitaire inquiétante. Par conséquent, Kinshasa devrait cesser de bloquer le processus électoral.

C’est la toute première fois, en Afrique, qu’un Etat a ouvertement pris position contre un autre au sujet de sa politique intérieure.

Cela est d’autant étonnant que le Botswana abrite le siège de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe). Le manque de réserve affiché par Gaborone traduirait-il le ras-le-bol de certains partenaires de la RDC non seulement au sein de cette organisation sous-régionale mais même de la communauté internationale? On est tenté de le croire. D’autant qu’il se raconte que la Grande-Bretagne, patrie e la mère du président Botswanais, Ian Khama, ferait partie, avec la Belgique, les USA, le Canada et tout dernièrement la Suisse, des Etats foncièrement opposés à tout nouveau glissement de calendrier électoral du côté de Kinshasa.

On croit savoir qu’à Kinshasa, on a pris la pleine mesure de l’alerte de Gaborone. Car en lieu et place d’une sévère réplique, comme c’est le cas dans les crises belgo-congolaises, le ministre congolais des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, a pris un ton curieusement conciliant. L’unique fait qu’il a déploré était le recours, par son homologue botswanais, aux réseaux sociaux, au lieu de la voie diplomatique.

Pour le reste, il s’est contenté de prendre à témoin les chefs d’Etat et de gouvernement présents au dernier Sommet de la SADC pour rappeler le satisfecit accordé à Kinshasa pour les avancées constatées dans la mise en œuvre, bien que partielle, de l’Accord de la Saint Sylvestre et à conduire le peuple congolais aux urnes selon le calendrier électoral de la Ceni. Il a également souligné que tout est mis en œuvre pour la tenue effective des élections, sauf cas de force majeure.

Les observateurs notent que Kinshasa s’est gardé d’offusquer le pays de Ketumile Masire, dont personne n’ignore la contribution déterminante dans l’organisation du Dialogue intercongolais en 2002, la mise en place du Régime 1+4, la réunification et la pacification du pays, soubassement non négligeable pour la tenue des élections en 2006.

La lettre du Botswana


La réplique du She



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